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Margaux De Ré, cible d’une cabale, tout le monde a lu la phrase, personne n’a lu les plaintes

Une députée sommée de quitter le Parlement pour une phrase sur X, 26 plaintes contre des policiers au Comité P dont personne ne parle. Ce que la polémique des « casseurs en uniforme » dit du PS, du MR et de Bernard Quintin.

Cordon de policiers casqués avec boucliers devant trois autopompes de la police, dans une rue de Bruxelles mouillée

Le samedi 17 octobre, en fin d’après-midi, des vitres volent en éclats au siège de la fédération bruxelloise du PS, dans les Marolles. Ahmed Laaouej, son président, publie un message sur X : « Vous nous faites pas peur ». Sous la publication, Margaux De Ré, députée bruxelloise Ecolo, lui répond : « J’imagine que vous ciblez les casseurs en uniforme qui agissent sous l’autorité de votre bourgmestre et qui sont occupés à casser des jeunes mineurs. »

Deux semaines plus tard, l’addition est lourde. Un commentaire jugé « odieux » par le PS. Un ministre de l’Intérieur pour qui elle « n’a plus sa place au Parlement bruxellois ». Un éditorial de La Libre, des membres de son propre parti qui règlent leurs comptes sous couvert d’anonymat dans la DH, et du harcèlement en ligne, évoqué par le président d’Ecolo. La députée s’est retirée des réseaux sociaux.

Pendant ce temps, 26 plaintes contre des policiers attendent au Comité P. Le ministre de l’Intérieur n’en a pas dit un mot.

Commençons par ce que nous ne contestons pas. La phrase était mal tournée et mal placée. Elle tombait sous le message d’un parti dont les locaux venaient d’être attaqués, quelques jours après la mort de Nordine El Talbi, policier abattu à Jette dans la nuit du 12 au 13 octobre alors qu’il interceptait une voiture volée. Et « casseurs en uniforme » met dans le même sac des centaines d’agents qui n’ont frappé personne. Gilles Vanden Burre, coprésident d’Ecolo, l’a reconnu : il n’aurait pas formulé les choses ainsi. Nous non plus.

Une formule maladroite n’efface pourtant pas ce qu’elle désignait. Et ce qu’elle désignait est documenté.

Le mois d’octobre a été rude à Bruxelles. Le 9, en marge de la manifestation nationale contre la politique socio-économique du gouvernement fédéral, la situation se tend autour de la gare Centrale avant même le départ du cortège : projectiles d’un côté, autopompe et gaz lacrymogène de l’autre. L’agence Belga filme un agent qui empoigne un garçon pendant que des passants crient « Lâchez-le, il a dix ans ». Le 17, une mobilisation de jeunes part de la gare Centrale vers le Midi et tourne à l’émeute : voitures incendiées, poubelles en feu, quatre magasins pillés rue Neuve, siège du PS attaqué. Place de l’Albertine, La Libre décrit un groupe où se trouvent « de très nombreux mineurs », certains âgés de moins de 12 ans.

Les violences de certains manifestants sont réelles, les dégâts aussi. Bernard Quintin compte 79 policiers blessés à Bruxelles et à Liège. Personne de sérieux ne réclame qu’on laisse piller la rue Neuve.

Mais le bilan a une autre colonne. Pierre-Yves Rosset, directeur du Service Droit des Jeunes, a raconté à l’agence Anadolu qu’« un mineur a reçu un coup de matraque à la tête ». Un autre, selon lui, a dû être hospitalisé avec une fracture de la clavicule après avoir été frappé à la matraque.

Une vidéo diffusée sur Instagram par le compte Bruxelles Dévie, présentée comme tournée dans le tunnel des Brigittines, parle de nombreux coups de matraque sur un jeune déjà maîtrisé. On y voit plusieurs policiers autour d’un jeune au sol, des gestes de frappe, puis le jeune traîné vers un fourgon. Nous ne connaissons ni la date exacte de ces images, ni l’âge de la personne, ni ce qui s’est passé juste avant. Ce que nous savons, c’est qu’elles méritent une enquête.

Le Comité P, l’organe de contrôle de la police, a reçu 26 plaintes : 20 pour la journée du 9 octobre, 6 pour celle du 17, et il prévient que d’autres pourraient suivre. Le Service Droit des Jeunes recueille encore des témoignages. Ces plaintes ne prouvent pas que chaque agent a mal agi. Elles disent que des enfants affirment avoir été frappés par la police. Dans une démocratie, cela se vérifie, et on ne fait pas taire celle qui en parle.

Pièces à l’appui

Deux journées d’octobre à Bruxelles

  • 110 interpellations le 9 octobre. Sur les 21 personnes présentées au parquet, 4 seulement étaient majeures (VRT NWS, 21/10/2026).
  • 150 arrestations le 17 octobre, dont 19 judiciaires, parmi lesquelles 8 mineurs (VRT NWS, 21/10/2026).
  • Plus de 250 personnes privées de liberté en deux semaines (VRT NWS, 21/10/2026).
  • 79 policiers blessés à Bruxelles et à Liège, selon le ministre de l’Intérieur (La Libre, 20/10/2026).
  • 26 plaintes contre des policiers déposées au Comité P : 20 pour le 9 octobre, 6 pour le 17 (VRT NWS, d’après BRUZZ, 21/10/2026).

Margaux De Ré ne visait pas « la police » en bloc. Elle visait les agents « qui agissent sous l’autorité de votre bourgmestre ». Ce bourgmestre, c’est Philippe Close, et sa manière de gérer les manifestations a déjà été jugée.

Le 14 mars 2025, le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné l’État belge, la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles et Philippe Close pour la manifestation du 24 janvier 2021 au Mont des Arts. Le tribunal a retenu la nasse, cet encerclement des manifestants contraire à la jurisprudence européenne, des arrestations illégales et des conditions de détention qualifiées de traitements inhumains et dégradants. Un adolescent de 15 ans a obtenu 5.000 euros pour ce qu’il avait subi aux casernes. Le jugement est civil, les trois condamnés ont fait appel, et nous n’avons trouvé aucun arrêt depuis. Quelques semaines après le jugement, au conseil communal, Philippe Close déclarait que la nasse « pourrait être réutilisée ». La technique n’a rien d’anodin. Le tribunal a relevé qu’elle ne fait l’objet d’aucun encadrement légal en droit belge. Selon Médor, le mot « confinement » n’apparaît que dans une directive ministérielle de 2017, sans définition, et la pratique cadre mal avec la doctrine officielle de la police belge, la gestion négociée de l’espace public, qui mise sur la discrétion et le dialogue. D’après la Ligue des droits humains, la police bruxelloise y a pourtant encore eu recours au moins trois fois en 2025 après le jugement, dont une fois boulevard Pachéco, pendant la manifestation syndicale du 14 octobre.

La phrase de Margaux De Ré a été vécue comme excessive. Elle ne sortait pas de nulle part.

Ce qui frappe ensuite, c’est l’ordre des réactions. Le premier à tirer est Ahmed Laaouej. Le 18 octobre, il dénonce un commentaire « odieux », exige que « la direction d’Ecolo [prenne] ses responsabilités » et glisse une phrase dont nous peinons à saisir le sens : « ceux qui visent des jeunes de la diversité feraient mieux de se taire, on a des images ». Le MR arrive ensuite. BX1 titre que Bernard Quintin « se joint au PS ». Une semaine plus tard, dans Sudinfo, Philippe Close tranche : « On sait qu’Écolo a un problème avec la police. »

Que le PS soit en colère après l’attaque de ses locaux, nous le comprenons. Ce soir-là, il avait droit à la solidarité de tous les démocrates, et Ecolo la lui a donnée : Gilles Vanden Burre a qualifié l’attaque de « ligne rouge absolue ». Mais Ahmed Laaouej n’est pas un militant blessé parmi d’autres. Il préside la fédération bruxelloise d’un parti qui gouverne la Région avec le MR depuis février, et il est lui-même ministre dans ce gouvernement. Son camarade Philippe Close commande la plus grande zone de police du pays. Il pouvait condamner l’attaque et entendre la question. Il a choisi de faire de la députée le sujet, et de la police un tabou.

Sur ce terrain, PS et MR se retrouvent vite. Un membre d’Ecolo l’a résumé dans la DH, sous couvert d’anonymat : « S’il y a bien un sujet sur lequel le PS et le MR sont capables de s’entendre, c’est bien celui de la police. » Le PS n’a pas besoin de défendre chaque coup de matraque pour rendre service à la droite. Il lui suffit de traiter toute critique de la police comme une faute morale. Le discours d’ordre devient alors le seul discours respectable, et c’est le MR qui en récolte les fruits.

Bernard Quintin, lui, n’a pas cherché la nuance. Sur X, le 18 octobre : « Margaux De Ré a choisi son camp : celui des émeutiers. » Le lendemain, sur BX1 : « Pour moi, elle n’a plus sa place au Parlement bruxellois. »

Relisons lentement. Le ministre de l’Intérieur, qui a autorité sur la police fédérale, estime qu’une députée élue doit quitter son siège parce qu’elle a mis la police en cause. Décider qui siège au Parlement bruxellois revient aux électeurs, pas à un ministre fédéral. Interroger un bourgmestre sur sa gestion des manifestations et relayer des témoignages de violences, voilà le travail d’une parlementaire.

Le reste de son mois d’octobre montre un ministre qui choisit sa version avant les faits. Le 8 octobre, après des débordements à Liège, il met en cause « le mouvement antifa ». La police de Liège répond à L’Avenir : « On ne peut pas dire que les gens qui cassent sont des antifas. » Le cabinet du bourgmestre Willy Demeyer va dans le même sens. Le 20 octobre, en commission de la Chambre, il promet « l’absolue sévérité », lance « qui casse paie ! Basta ! », dénonce une « tiktokisation de la violence » et veut revoir la doctrine belge du maintien de l’ordre, fondée sur la gestion négociée de l’espace public. Sur les plaintes déposées par des citoyens, il n’a rien dit. Une phrase seulement : « Le métier de policier est certainement le plus contrôlé du pays. » La députée Rajae Maouane (Ecolo-Groen) lui a demandé sa solidarité avec les enfants et les journalistes touchés. Elle l’attend toujours.

À Paris, Laurent Nuñez joue la même partition, avec un temps d’avance. La France vit, elle aussi, plusieurs semaines de mobilisation de jeunes, et le ministre français de l’Intérieur désigne La France insoumise depuis septembre : le 28, il jugeait « irresponsable » la participation de ses élus à ces mouvements. Après le 17 octobre, il affirmait avoir repéré « énormément de militants de l’ultragauche » partout dans le pays. Le 19 octobre, Mediapart publiait le témoignage d’un commissaire du renseignement territorial : on demanderait à ses services d’écrire que LFI est derrière le mouvement, ce qui serait « objectivement faux » de l’avis général de ces services. Le ministère dément avoir donné la moindre consigne, et LFI annonce saisir la Cour de justice de la République. Quant aux organisations de jeunesse reçues par le ministre, elles sont ressorties en parlant d’un « dialogue de sourds » : aucune réponse sur les violences policières, et des cortèges renvoyés loin du centre de Paris.

Le parallèle saute aux yeux. À Liège, la police refuse de valider la thèse antifa de Bernard Quintin. À Paris, un commissaire affirme qu’on demande à ses services d’écrire une thèse qu’ils jugent fausse. Des deux côtés de la frontière, le ministre désigne la gauche et laisse les plaintes sans réponse.

Le réflexe dépasse ces deux hommes. En juillet 2024, Amnesty International publiait un rapport sur le droit de manifester dans 21 pays européens, dont la Belgique. Il décrit un usage excessif de la force, y compris contre des enfants chez nous, des policiers rarement tenus de rendre des comptes, et des gouvernements qui collent aux manifestants les étiquettes d’« extrémistes » ou de « criminels » pour durcir les lois. Pour l’ONG, le droit de manifester risque de « mourir à petit feu » en Europe.

Nous allons plus loin, et nous l’assumons comme une lecture politique. Le 9 octobre, on manifestait contre les mesures sociales du gouvernement fédéral. Le 24, quelques centaines de jeunes défilaient contre l’Arizona et les coupes dans l’enseignement. Leur cortège a été bloqué près du siège du MR par un dispositif où l’on comptait hélicoptères, chiens, autopompe et nombreux combis. Que la police protège les locaux d’un parti, après ce qui est arrivé au PS, nous le comprenons. Mais une jeunesse qui conteste des choix budgétaires trouve désormais la force publique postée devant le parti qui porte ces choix. Une police qui protège de plus en plus l’ordre établi et de moins en moins ceux qui le subissent, c’est une dérive qu’une élue a le droit de nommer. Même maladroitement.

Ces dispositifs ont un coût, et personne ne le publie. Hélicoptère, autopompes, chiens, renforts de la police fédérale, samedi après samedi : nous n’avons trouvé aucun chiffrage public du maintien de l’ordre de ce mois d’octobre. Ce silence pèse lourd quand on se rappelle ce que nous écrivions en juin d’une police qui manque d’effectifs. Chaque agent mobilisé face à des lycéens manque ailleurs, et chaque euro dépensé pour contenir la colère ne va pas à ce qui la provoque. Les syndicats, et les mouvements étudiants qui les ont rejoints le 9 octobre, réclament qu’on renonce aux coupes. Le ministre de l’Intérieur pourrait publier ce que coûte le refus de les entendre. Les parlementaires peuvent le lui demander.

Rien de tout cela ne nous étonne du MR. Nous avons consacré une série entière au virage idéologique de son centre d’études. Le 13 octobre, au lendemain de la mort du policier de Jette, Georges-Louis Bouchez s’en prenait déjà à ceux qui répètent un discours anti-police. Un ministre qui réclame l’éviction d’une parlementaire prolonge cette ligne : celle d’un parti pour qui critiquer l’institution policière devient suspect en soi.

Ecolo n’en sort pas grandi pour autant. Sa direction a hésité entre soutien du bout des lèvres et distance gênée, pendant que des membres réglaient leurs comptes dans la presse. L’un d’eux a eu le mérite de la lucidité : selon lui, cette sortie « préserve la police du vrai débat ». Il a raison sur un point. Une formule outrancière offre à ceux qui ne veulent pas parler des violences policières le prétexte parfait pour ne pas en parler. Un parti qui veut porter ce combat doit choisir ses mots, et tenir quand le vent tourne.

Nous l’écrivions après la marche du 8 juin : le métier de policier use ceux qui l’exercent, entre manque d’effectifs, scènes traumatisantes et culture du silence. Défendre les policiers, c’est aussi refuser que l’institution couvre ceux qui frappent des enfants, parce que ce sont leurs collègues qui paient ensuite la perte de confiance. La mort de Nordine El Talbi est un drame. Les 26 plaintes du Comité P méritent une enquête. Les deux phrases tiennent ensemble.

Pour l’instant, dans ce dossier, une seule personne a été sommée de rendre des comptes. C’est celle qui a posé la question.

Sources :

  1. La Libre, « Voiture sur le toit, siège du PS attaqué, dégradations et des blessés près de la Bourse… Le point sur les troubles à Bruxelles », 17/10/2026
  2. BX1, « Elle n’a plus sa place dans le Parlement bruxellois » : Bernard Quintin se joint au PS et dénonce le commentaire de Margaux De Ré sur les émeutes, 19/10/2026
  3. La Libre, Les « propos qui légitiment la violence » de la députée Margaux De Ré révèlent une fracture entre PS et Ecolo, 19/10/2026
  4. La DH, La sortie de Margaux De Ré suscite un certain malaise au sein d’Ecolo, 19/10/2026
  5. La Libre, éditorial de Jonas Legge, 20/10/2026
  6. 21News, Philippe Close : « On sait qu’Écolo a un problème avec la police », 25/10/2026
  7. BruxellesToday, Margaux De Ré s’éloigne des réseaux après la polémique sur les « casseurs en uniforme », 28/10/2026
  8. BX1, Policier tué à Jette : les politiques réagissent au drame, 13/10/2026
  9. Paris Match, Trois des suspects du meurtre du policier Nordine El Talbi arrêtés en Espagne, 20/10/2026
  10. BX1, direct de la manifestation nationale du 9 octobre, 09/10/2026
  11. L’Avenir, Manif nationale du 9 octobre : climat d’émeutes près de la gare Centrale, 09/10/2026
  12. La Libre (Belga), Manifestation nationale du 9 octobre : une vingtaine d’arrestations, 09/10/2026
  13. La DH, « Lâchez-le, il a dix ans » : l’arrestation musclée d’un mineur en marge de la manifestation fait polémique, 09/10/2026
  14. VRT NWS, Manifestations de jeunes à Bruxelles : 26 plaintes déposées contre des policiers auprès du Comité P, 21/10/2026
  15. Anadolu, Belgique : des plaintes déposées pour des violences policières présumées lors de manifestations de jeunes, octobre 2026
  16. Bruxelles Dévie, vidéo Instagram « Violences policières : un jeune tabassé au sol par plusieurs policiers », tunnel des Brigittines, octobre 2026
  17. L’Avenir, Bernard Quintin accuse les antifas… contrairement à la police, 08/10/2026
  18. La Libre, « Qui casse paie ! Basta ! » : Bernard Quintin durcit le ton, 20/10/2026
  19. RTBF, À la Chambre, Bernard Quintin partisan de « l’absolue sévérité », 20/10/2026
  20. La Libre, La manifestation contre le gouvernement Arizona s’achève sans incident majeur à Bruxelles, 24/10/2026
  21. RTBF, Violences policières du 24 janvier 2021 : l’État belge, la zone de police Bruxelles-Ixelles et le bourgmestre Philippe Close condamnés, 17/03/2025
  22. PAN, Close va en appel, avril 2025
  23. BX1, La technique de la nasse « pourrait être réutilisée », 25/04/2025
  24. Ligue des droits humains, Les nasses interdites mais toujours utilisées par la police bruxelloise, 17/06/2026
  25. Médor, Ça passe ou ça nasse, été 2021
  26. Paris Match, Les membres du nouveau gouvernement bruxellois ont prêté serment, 14/02/2026
  27. Europe 1, Les organisations de jeunesse déplorent un « dialogue de sourd » avec Laurent Nuñez, 31/10/2026
  28. Boursorama (AFP), Violences : LFI veut attaquer Nuñez en justice après des révélations de Mediapart, 20/10/2026
  29. Imaz Press, Selon Mediapart, le gouvernement demande aux services de renseignement d’accuser LFI, octobre 2026
  30. Orange Actu, Laurent Nuñez dément avoir fait pression sur les renseignements pour mettre en cause LFI, 20/10/2026
  31. Amnesty International, Europe : des attaques et restrictions systématiques sapent le droit de manifester pacifiquement, 09/07/2024

Photo : M0tty (CC BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons, recadrée et floutée. Montage sous licence CC BY-SA 3.0.

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